Les résultats définitifs sont tombés. L’Irlande a majoritairement rejeté le traité de Lisbonne. Trente-trois circonscriptions sur un total de 43 se sont
prononcées pour le non.
Dans plusieurs circonscriptions de Dublin, le "non" atteint 60% des voix. La dégradation de la situation économique et le rejet d’une Europe libérale ont marqué
la campagne référendaire.
Les premières tendances du décompte du référendum en Irlande sur le traité européen de Lisbonne avaient d’ailleurs donné le "non" en tête. Avec notamment un vote
de contestation plus marqué dans les zones urbaines les plus populaires et dans les régions rurales.
Un peu plus de trois millions d’électeurs ont voté pour cet unique référendum tenu sur le traité de Lisbonne dans un pays européen. Les 26 autres Etats-membres de
l’Union européenne (UE) ont opté pour une ratification parlementaire, ce que 18 capitales ont déjà fait.
…et avant la présidence française de l’UE
Tentant de faire front, l’Elysée assurait que "les quatre priorités définies par le président Nicolas Sarkozy pour la présidence française portent sur le fond et
peuvent être atteintes dans le cadre du traité de Nice, malgré la victoire du non irlandais".
Mais pour Hugo Brady, du "Centre for european reform" de Londres, la présidence française se trouve d’ores et déjà "plongée dans la confusion la plus
totale".
"Le sommet européen du 19 juin, encore sous présidence slovène, va s’ouvrir dans une atmosphère de crise", prévient-il.
Avant le non irlandais, M. Sarkozy avait promis de consacrer sa présidence à plusieurs chantiers phares : défense, énergie et réchauffement climatique,
Union pour la Méditerranée ou pacte pour l’immigration.
Il devait aussi préparer les premières réformes institutionnelles du traité de Lisbonne, comme les nominations du "président de l’UE" et du nouveau Haut
représentant des Affaires étrangères, qui ne sont désormais plus à l’ordre du jour.
Le "Traité de Lisbonne est fini"
les réactions de chefs d’États et de gouvernements se sont multipliées à l’annonce des résultats.
Le président tchèque Vaclav Klaus a estimé que le Traité de Lisbonne était "fini" qu’il n’était "plus possible de poursuivre sa ratification" après le "non"
irlandais.
"Le projet de traité de Lisbonne a pris fin aujourd’hui avec la décision des électeurs irlandais et il n’est plus possible de poursuivre sa ratification", a-t-il
dit dans un communiqué.
Le ’non’ des Irlandais est "une victoire de la liberté et de la raison, sur les projets élitistes artificiels et la bureaucratie euroéenne", a-t-il ajouté.
Le Premier ministre slovène Janez Jansa, dont le pays préside l’UE, a estimé que le traité de Lisbonne était "nécessaire pour rendre l’Europe plus efficace, plus
démocratique et transparente", malgré son rejet en Irlande, tout en disant vouloir "respecter la volonté des électeurs irlandais".
Le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini a estimé vendredi que le "non" irlandais au référendum sur le Traité de Lisbonne portait "un coup
grave à la construction européenne" mais que celle-ci ne devait pas s’arrêter.
La France et l’Allemagne "regrettent" la victoire du non lors du référendum en Irlande et "espèrent" la poursuite du processus de ratification du traité de
Lisbonne, selon une déclaration conjointe publiée vendredi par l’Elysée.
Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker a estimé lui que le traité de Lisbonne ne pourrait pas entrer en vigueur au 1er janvier 2009 comme
initialement prévu, à la suite du rejet du texte en Irlande.
Fidèle à sa non prise en compte de la volonté démocratique, le président de la commission européenne manuel Barrosos estime lui que les ratifications doivent se
poursuivre.